Devoir de mémoire (1) Victor Jara

Devoir de mémoire (1)

J’inaugure aujourd’hui la série « Devoir de mémoire ». Il est important de se souvenir de gens qui ont combattu, résisté. Des gens simples, qui ont eu le courage de leurs idées. C’est d’eux dont on devrait s’inspirer actuellement.

Je vais tenter de parler de personnes moins connues du grand public ici en Europe. Et j’en profite pour demander s’il est normal que leurs combats soient passés sous silence dans nos journaux ; comme c’est le cas actuellement pour ce qui se passe en Syrie…

Victor Jara

Victor Jara

Son histoire

Víctor Lidio Jara Martínez était un chanteur, auteur et compositeur populaire chilien.
Né d’un couple de paysans modestes, Jara monte à la capitale où il se forme au théatre. Ses carrières théâtrale et musicale suivent des trajectoires parallèles à partir de 1957. Il devient directeur d’académie de Folklore, intègre la direction d’un institut théatral, donne des cours…
La presse commence à s’interesser à lui. De 1967 à 1970, sa carrière s’envolle. Il chante à Helsinki, est invité à Berlin, gagne le premier prix du festival de la nouvelle chanson chilienne …
Par ailleurs, il affirme de plus en plus son engagement politique. En 1970, il s’engage dans la campagne électorale du parti Unidad Popular de Salvador Allende.
Il confirme son engagement à travers la chanson dont l’album Canto libre. Devenu l’ambassadeur culturel du gouvernement Allende, il organise des tours de chant dans toute l’Amérique latine et participe à plusieurs émissions de la télévision nationale chilienne, pour laquelle il compose entre 1972 et 1973. À la sortie de son opus El derecho de vivir en paz (1971), il est sacré meilleur compositeur de l’année.


Son engagement communiste et nationnaliste le mène à effectuer une tournée en URSS et à Cuba. Il s’enrôle s’enrôler parmi les travailleurs volontaires lors des grandes grèves de 1972.
Il chante lors de programmes dédiés à la lutte contre le fascisme et contre la guerre civile à la télévision nationale et écrit un album, Canto por traversura, qui est plus tard interdit à la vente. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne, contestent la guerre du Viêt Nam, rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines, mais aussi au peuple et à l’amour.

Le martyre
Aux élections législatives de mars 1973, l’opposition du parlement à Allende s’amplifie, bien que celui-ci reste chef de l’État. Le Chili est au bord de la guerre civile. En août 1973, Allende nomme Augusto Pinochet à la tête de l’armée. Pinochet renverse le gouvernement Allende le 11 septembre 1973.

Le jour du coup d’État de Pinochet, Victor Jara est enlevé par les militaires et transféré au Stade National en compagnie d’autres militants pro-Allende. On le torture et on lui coupe les doigts à la hache devant des miliers d’autres prisonniers.

Après l’avoir passé à tabac, les militaires lui brisent les doigts avant de lui intimer l’ordre de chanter. Victor Jara défie les soldats de Pinochet en se tournant vers les militants détenus avec lui et entonne l’hymne de l’Unité Populaire. Les militaires l’exécutent par balles, ainsi que la majorité des militants qui avaient repris son chant en chœur. Cet épisode est chanté par Julos Beaucarne dans son poème « Lettre à Kissinger« .

Après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973, il est enterré le 5 décembre 2009 (après 3 jours d’hommage populaire) dans le Cimetière Général de Santiago lors d’une cérémonie à laquelle assistèrent sa veuve Joan Turner et leurs deux filles Manuela et Amanda, l’ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, et plus de 5000 personnes.

Voici donc l’histoire d’un homme resté debout. Un indigné. Un de ceux que l’on ne doit pas oublier.

2 commentaires

  1. Bonjour, on ne lui a jamais coupé les doigts à la hache…. C’est une rumeur….! Cela n’enlève rien à l’atrocité, ceci-dit.

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